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Dans les pas de Marilyne Fouquart, entre innovation et forêt vivante

​Depuis 15 ans à l’Office National des Forêts, Marilyne Fouquart, cheffe de projet paysage et gestion des milieux naturels imagine, observe et accompagne les transformations des paysages forestiers. Dans les forêts du Grand Est, son travail reste discret. Et pourtant, il façonne profondément notre manière de parcourir, de comprendre et de vivre ces paysages.
Son métier s’est construit au fil du temps, jusqu’à réunir aujourd’hui trois expertises complémentaires : le paysage, la botanique et l’innovation.

Interview - La Voix des Bois #6

Penser la forêt pour ceux qui la vivent

Son rôle de paysagiste forestière consiste à observer comment la forêt est perçue et utilisée. Promeneurs, chasseurs, forestiers, randonneurs ou vététistes : chacun y projette une vision différente.

Elle conçoit des aménagements en forêt avec une grande finesse, en tenant compte à la fois de la sécurité, de l’expérience des visiteurs et de la préservation des paysages remarquables. Elle repense les sentiers pour guider les flux de visiteurs tout en valorisant les points d’intérêt

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«â€¯Chaque clairière, chaque vieux chêne ou chaque point de vue a un rôle : raconter la forêt et rythmer la balade », explique-t-elle.


Plutôt que de masquer les coupes de bois, sa stratégie consiste à les rendre visibles et intelligibles, montrant au public comment la forêt est gérée durablement et favorisant ainsi la compréhension des pratiques sylvicoles responsables.

Ici, tout repose sur une approche sensible et presque invisible. La forêt s’organise, s’adapte, tout en gardant son caractère naturel.


« Si le travail est réussi, il ne se voit pas. »

Son travail demande aussi une vraie capacité de dialogue. Trouver un équilibre entre préservation, exploitation du bois et accueil du public est un exercice d’écoute et de médiation.

Observer, comprendre, préserver

Sur le terrain, Marilyne devient aussi scientifique. En tant que botaniste, elle parcourt les forêts, inventorie les plantes, analyse les milieux.

Chaque relevé permet de mieux comprendre la richesse du vivant : espèces rares, plantes protégées, dynamiques naturelles… Ces données guident ensuite les choix de gestion.

Ce travail s’inscrit aussi dans des recherches plus larges sur le changement climatique. D’une forêt à l’autre, elle observe l’évolution des espèces, leurs déplacements, les transformations des écosystèmes.

Dans certaines zones, quelques années suffisent pour voir apparaître de nouveaux équilibres et déséquilibres. 

« L’idée, c’est de protéger sans impacter la santé et l’environnement à court terme. »

Innover face aux défis du terrain

Une autre facette de son métier s’inscrit dans un projet inattendu : la lutte contre la maladie de Lyme.

À force de travailler en forêt, l’exposition aux tiques devient un enjeu concret. Elle pilote ainsi un projet d’innovation, en collaboration avec le programme CiTIQUE et une douzaine d'autres partenaires, réunissant chercheurs, ingénieurs, designers et spécialistes du biomimétisme.

L’objectif est de concevoir des solutions mécaniques, sans produits chimiques, pour protéger les professionnels et le grand public. Vêtements techniques, systèmes de capture ou de neutralisation… autant de pistes explorées à travers des prototypes testés sur le terrain.

Une forêt en pleine transformation

Au fil de sa carrière, elle observe une évolution rapide des forêts. Sécheresses répétées, parasites, dépérissements : les équilibres changent, parfois en quelques années.

Certaines parcelles se transforment profondément, modifiant les paysages et les conditions de vie du vivant. Ces mutations demandent d’adapter les pratiques, de repenser les essences, d’imaginer de nouvelles façons de les gérer. 

Le défi devient autant écologique que pédagogique.


« Une forêt morte sur des dizaines d’hectares, on ne peut pas la cacher. Il faut l’expliquer. »

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Face à ces transformations, son métier évolue lui aussi. Observer davantage, comprendre plus finement, et surtout, s’adapter en permanence.

Un parcours guidé par la curiosité

Son chemin reflète cette ouverture. Formée comme ingénieure à Angers, passée par l’Allemagne pour se spécialiser en écologie du paysage, puis par AgroParisTech, elle construit une vision à la fois scientifique et sensible.

Une expérience marquante la mène même à travailler dans les jardins de Buckingham Palace, auprès de la famille royale britannique. Une immersion qui renforce son attrait pour les paysages naturels et la biodiversité.

Voyages, terrain, recherche : chaque étape nourrit aujourd’hui sa capacité à relier des univers très différents, de la botanique à l’innovation industrielle.

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« Je peux passer d’un échange sur la microfabrication de tissus techniques à une discussion pointue en botanique. »

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«â€¯Ce qui m’anime, c’est de comprendre le vivant et de la faire comprendre aux autres. Le partage, c'est essentiel ! », conclut Marilyne.

Immersion au Jardin du Haut Chitelet nature, art et bois au sommet des Vosges(3).png

Envie de découvrir d’autres parcours inspirants ?

​Explorez tous les portraits sur le blog de La Voie des Bois et partez à la rencontre de professionnels, créateurs, artisans et passionnés qui célèbrent la forêt et le bois sous toutes leurs formes.

Ici, on vous parle d’arbres, de forêts et de bois… Mais aussi des femmes et des hommes qui leur consacrent leur temps : ceux qui les observent, les font grandir, les transforment, les protègent.

 

En ville, en forêt ou à la campagne, on vous partage des idées de sorties, de rencontres, de contenus qui éveillent la curiosité et nourrissent l’envie d’explorer.

 

La Voie des Bois est un projet développé par le collectif Des Hommes et Des Arbres et soutenu par le programme Territoires d'Innovation du plan France 2030.

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