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Une aventure climatique : Forêt de Haye 2100
Alexis Steiner
Comment sera la forêt de Haye dans cinquante ou cent ans ? Les grands hêtres qui façonnent aujourd’hui le paysage lorrain pourront-ils encore résister aux évolutions climatiques annoncées ?
C’est à cette question qu’Alexis Steiner tente de répondre dans ce documentaire construit comme une enquête de terrain. À vélo, il traverse plusieurs massifs forestiers français afin de rencontrer celles et ceux qui observent, étudient et accompagnent déjà les transformations des forêts face au changement climatique.
Au fil des kilomètres, le documentaire croise plusieurs regards : chercheurs, forestiers, gestionnaires de massifs et sylviculteurs témoignent des bouleversements qu’ils constatent sur le terrain, mais aussi des solutions qu’ils expérimentent pour préparer les forêts de demain.
Les signes du changement climatique sont déjà visibles et face à ces transformations, le documentaire explore les pistes d’adaptation possibles. L’objectif n’est pas de prédire précisément à quoi ressemblera la forêt de Haye en 2100, mais d’observer ce qui existe déjà ailleurs pour imaginer les paysages forestiers du futur.

© Parc de Haye
Alexis Steiner : un ingénieur-chercheur au cœur des enjeux forestiers
Dans ce documentaire, il choisit le vélo comme fil conducteur de son enquête. Ce mode de déplacement lui permet de parcourir les territoires forestiers à un rythme plus lent, d’observer les paysages et de multiplier les échanges avec les professionnels qui vivent la forêt au quotidien.
Son approche repose sur une confrontation entre plusieurs niveaux de connaissance : les données scientifiques, les observations de terrain et l’expérience des gestionnaires forestiers. Plutôt qu’un discours uniquement théorique, le documentaire donne la parole à celles et ceux qui expérimentent déjà les réponses aux bouleversements climatiques.

© La Semaine
Une enquête construite entre science et terrain
Le projet s’appuie sur un croisement entre plusieurs sources de connaissances permettant de mieux comprendre l’évolution possible des forêts.
Les données issues des travaux scientifiques, notamment ceux du laboratoire Silva, les projections climatiques internationales produites par le GIEC, ainsi que les connaissances liées aux sols et aux stations forestières, viennent nourrir la réflexion tout au long du parcours.
Cette phase de préparation permet de poser une hypothèse centrale : la forêt de Haye présente des caractéristiques suffisamment représentatives des forêts du nord-est de la France pour devenir un modèle d’étude prospectif.
Pourquoi ce documentaire
Depuis plusieurs années, les forêts du Grand Est connaissent une succession d’événements climatiques extrêmes :
sécheresses répétées
vagues de chaleur
crises sanitaires inédites
La forêt de Haye, dominée historiquement par le hêtre, est particulièrement concernée. Cette essence emblématique du paysage lorrain montre aujourd’hui des signes importants de fragilité :
dépérissement des houppiers
mortalité des branches
diminution de la croissance
Les chercheurs expliquent que, dans certaines situations, les arbres ne produisent plus réellement de bois mais mobilisent leur énergie pour survivre aux périodes de stress hydrique.
L’objectif est alors de comprendre comment ce massif pourrait évoluer au cours du XXIᵉ siècle : quelles essences pourront s’adapter, comment la structure des peuplements pourrait changer et quelles fonctions écologiques, économiques et sociales la forêt pourra continuer d’assurer en 2100.
Une enquête à vélo à travers les forêts françaises

La forêt de Haye (Meurthe-et-Moselle
Point de départ de la réflexion, la forêt de Haye représente le modèle actuel d’une forêt du nord-est de la France dominée par le hêtre.
Cette essence historique du massif est aujourd’hui fragilisée par les sécheresses successives et l’augmentation des températures. Le futur de cette forêt pourrait donc passer par une diversification progressive des peuplements.
La forêt de Haye devient ainsi un laboratoire permettant d’interroger l’avenir des hêtraies du nord-est français.
Le vélo constitue le véritable fil rouge du documentaire. Alexis Steiner parcourt plus de 1 000 kilomètres à travers plusieurs massifs forestiers français afin de comparer les paysages, les climats et les stratégies de gestion.
Chaque étape apporte un nouvel éclairage sur les transformations déjà visibles et sur les solutions expérimentées.
Les massifs de Haute-Marne
Ces territoires illustrent les conséquences des crises sanitaires touchant notamment les plantations d’épicéas.
Les conditions climatiques plus chaudes et les périodes de sécheresse fragilisent les arbres, tandis que les attaques de scolytes accélèrent leur dépérissement. Les forestiers doivent alors revoir leurs stratégies de plantation et de gestion.
Les forêts de Dordogne et du Périgord
Ces massifs permettent d’observer des paysages soumis à un climat plus chaud que celui de la Lorraine actuelle.
Cependant, ils montrent également que les régions méridionales ne constituent pas une solution parfaite : certaines essences comme le châtaignier rencontrent elles aussi des difficultés face à l’intensification des sécheresses.
Cette étape rappelle que toutes les forêts sont concernées par le changement climatique, même celles qui semblaient historiquement adaptées.
La forêt de la Grésigne (Tarn)
La forêt de la Grésigne offre un exemple intéressant pour réfléchir à l’avenir possible des forêts du nord de la France.
Dominée par le chêne sessile, elle présente néanmoins des signes de transformation liés au réchauffement climatique : modification des cycles saisonniers, évolution de la croissance et impacts sur la qualité du bois.
Elle montre qu’une forêt adaptée aujourd’hui peut également devenir vulnérable demain.
Des regards croisés pour comprendre une forêt en mutation
L’un des intérêts majeurs du documentaire repose sur la diversité des points de vue recueillis.
Les chercheurs apportent une lecture scientifique basée sur les modèles climatiques, les suivis des arbres et les projections d’évolution des essences.
Les forestiers et gestionnaires décrivent les conséquences concrètes observées sur le terrain : arbres affaiblis, mortalité accrue, difficultés de régénération et décisions de gestion de plus en plus complexes.
Les sylviculteurs présentent quant à eux les expérimentations mises en place pour accompagner la transition : choix de nouvelles essences, diversification des peuplements et évolution des pratiques.
Cette confrontation entre différentes approches permet de comprendre que l’avenir des forêts ne dépend pas d’une seule solution, mais d’un dialogue permanent entre science, expérience de terrain et adaptation des pratiques.
Adapter les forêts : expérimenter face à l’incertitude
Face aux changements climatiques, les gestionnaires forestiers développent plusieurs stratégies d’adaptation.
Parmi elles :
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La diversification des essences : favoriser des peuplements plus mélangés afin d’augmenter leur résistance aux crises.
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Les îlots d’avenir : créer des parcelles expérimentales où différentes essences sont testées dans les conditions climatiques actuelles.
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La migration assistée : introduire des provenances provenant de régions plus chaudes afin d’anticiper les évolutions futures.
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Le suivi scientifique : utiliser des outils de modélisation comme ClimEssences pour évaluer l’adéquation entre essences et climats futurs.
Parmi les essences étudiées figurent notamment le cèdre du Liban, le cèdre de l’Atlas, le chêne pubescent, le pin de Brutia ou encore certaines essences feuillues secondaires.
Ce que le documentaire nous apprend
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Le changement climatique transforme déjà profondément les forêts françaises.
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Le hêtre, emblématique du Grand Est, fait partie des essences particulièrement vulnérables.
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La forêt de Haye de demain ne sera probablement plus une hêtraie pure.
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Aucune solution unique ne permettra de répondre aux défis climatiques.
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La diversification des essences apparaît comme une stratégie essentielle d’adaptation.
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Les décisions forestières prises aujourd’hui auront des conséquences plusieurs décennies plus tard.
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La forêt de 2100 sera probablement plus diversifiée, avec des essences capables de supporter des conditions plus chaudes et plus sèches.
Informations pratiques :
Format : Documentaire
Réalisation : Alexis Steiner
Année : 2020
Lieu central : Forêt de Haye (Meurthe-et-Moselle)
Parcours : Plus de 1 000 km à vélo à travers plusieurs massifs forestiers français
Durée : 27 minutes
Avec le soutien de : l’Université de Lorraine, AgroParisTech, AgroParisTech Fondation et ZEBRAM.
