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L'Écho du Marteau : le pari d'un festival d'architecture unique à Vaudémont 

Au sommet de la colline de Sion, à Vaudémont, le bruit des marteaux résonne chaque été. Ici, pas de chantier traditionnel, ni de course à la performance. Depuis plusieurs années, le festival L'Écho du Marteau, porté par La Compagnie des Trimardeurs, rassemble architectes, étudiants, artisans, designers, artistes, bénévoles et curieux autour d'une même envie : construire autrement.

À l'origine, le projet est né d'une frustration partagée par plusieurs jeunes architectes. 

« On dessine beaucoup pendant nos études, mais on construit très peu », explique Louis Louviot, co-président de l’association. 

L'idée est alors de créer un lieu où les projets quittent le papier pour prendre forme à taille réelle. Inspiré de festivals comme Bellastock ou le Festival des Cabanes, L'Écho du Marteau a progressivement élargi son ambition.

« Au départ, on était vraiment centré sur la construction. Aujourd'hui, on garde cet ADN, mais on y ajoute des conférences, des ateliers, des temps d'échange et une ouverture beaucoup plus forte au public », raconte Axelle, bénévole et trésorière de l’association.

©Première Pluie

Des marteaux plutôt que des machines : le retour aux gestes artisanaux 

L'une des singularités du festival réside dans son approche low-tech. Impossible de manquer la particularité du chantier : ici, les outils électriques sont presque absents. Scies, ciseaux à bois, marteaux et rabots rythment les journées.

Ce choix n'a rien d'anecdotique : il invite à ralentir, à redécouvrir les gestes artisanaux et à favoriser les échanges entre les participants. Ce choix est assumé. 

« On voulait retrouver le bruit du chantier d'autrefois. C'est aussi de là que vient le nom L'Écho du Marteau », explique Louis.

Le bois au service d'une architecture durable 

Le bois occupe naturellement une place centrale. Léger, renouvelable et facilement démontable, ce matériau correspond pleinement à la philosophie du festival et il permet de concevoir des structures respectueuses du site.

Les organisateurs privilégient les circuits courts. Le bois provient de scieries régionales et une partie est issue de bois de réforme, inutilisable dans les circuits industriels classiques mais parfaitement adaptée à ces constructions expérimentales.

Enfin, les constructions sont pensées sans fondations afin de préserver les paysages de la colline de Sion et de pouvoir être démontées sans laisser de trace.

Le chantier : terrain d'expérimentation collective 

Chaque été, une soixantaine de participants venus d'horizons très différents rejoignent le festival. Architectes, étudiants, compagnons, designers, artisans ou simples passionnés travaillent côte à côte pendant une dizaine de jours. Beaucoup ne se connaissent pas avant d'arriver.

« Tout le monde vient avec son regard, ses compétences et ses habitudes. C'est justement ce mélange qui fait naître des projets auxquels personne n'aurait pensé seul », résume Louis.

Cette diversité est au cœur du festival. Les architectes découvrent les réalités du chantier, les artisans partagent leurs savoir-faire, les étudiants expérimentent la construction à l'échelle 1 et les bénévoles trouvent naturellement leur place dans l'aventure. Les projets deviennent alors de véritables laboratoires de coopération où la construction est autant humaine que technique.

Pour Axelle, cette dimension collective est essentielle : « Le chantier devient un lieu d'apprentissage permanent. On apprend autant en construisant qu'en discutant avec les autres. »

Le festival propose également un workshop destiné principalement aux étudiants. Contrairement aux équipes sélectionnées via un appel à projets, les participants imaginent, conçoivent et construisent directement sur place, sans projet préétabli. Une manière de laisser davantage de place à l'expérimentation, à l'improvisation et à l'intelligence collective.

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L'architecture comme espace de dialogue 

Au fil des années, L'Écho du Marteau est devenu un véritable espace de réflexion autour de l'architecture et de nos façons d'habiter.

Conférences, tables rondes, chantiers participatifs et balades viennent compléter les journées de construction.

Pour les organisateurs, ces temps sont une évidence. Réunir autant de personnes passionnées crée naturellement un espace propice à la transmission des connaissances et aux débats. 

« On ne voulait pas seulement montrer des cabanes. On voulait aussi ouvrir des discussions sur les matériaux, les paysages, la manière dont on construit aujourd'hui et celle dont on pourrait construire demain », explique Louis.

Le chantier est d'ailleurs largement ouvert au public. Une manière de rendre l'architecture plus accessible et de montrer que chacun peut s'approprier ces questions.

Cette philosophie se retrouve également dans la vie quotidienne du festival. Alimentation locale, gestion raisonnée des ressources, douche solaire ou consommation d'eau maîtrisée : le chantier devient aussi un laboratoire de modes de vie plus sobres, où les choix techniques s'accompagnent d'une réflexion sur notre rapport aux ressources.

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Le sommeil, thème de cette nouvelle édition

Pour la première fois, les organisateurs ont choisi de proposer un thème commun : le sommeil.

« On s'est rendu compte qu'à chaque édition, les participants avaient envie de passer une nuit dans leur construction. Alors on a décidé d'en faire un véritable sujet de création », raconte Axelle.

Loin d'être une contrainte, cette thématique offre une direction aux équipes et donne une vocation supplémentaire aux constructions. Refuge pour les randonneurs, espace de contemplation, lieu de méditation ou encore habitat pour la faune : chacun est libre de s'approprier cette idée selon sa sensibilité.

Ce thème répond également à une volonté de penser l'après-festival. En imaginant des structures liées à un usage concret, les organisateurs espèrent leur offrir une seconde vie et faciliter leur réemploi.

Immersion au Jardin du Haut Chitelet nature, art et bois au sommet des Vosges(3).png

Un festival accessible à tous 

Si le chantier reste avant tout un temps de travail collectif, les visiteurs sont toujours les bienvenus pour découvrir les constructions en cours, échanger avec les participants ou simplement partager un moment avec eux.

Au-delà des installations, L'Écho du Marteau défend une vision de l'architecture plus sobre, plus collaborative et plus proche des territoires.

« On essaie de montrer qu'il est possible de faire autrement, sans être dans la démonstration. Les gens viennent voir des constructions, mais ils découvrent aussi une manière différente de vivre ensemble », conclut Louis.

Le dernier week-end, le chantier s'ouvre entièrement au public. Les visiteurs pourront découvrir les réalisations, participer aux ateliers, assister aux concerts et rencontrer celles et ceux qui auront donné vie, marteau en main, à cette aventure collective.

Ici, on vous parle d’arbres, de forêts et de bois… Mais aussi des femmes et des hommes qui leur consacrent leur temps : ceux qui les observent, les font grandir, les transforment, les protègent.

 

En ville, en forêt ou à la campagne, on vous partage des idées de sorties, de rencontres, de contenus qui éveillent la curiosité et nourrissent l’envie d’explorer.

 

La Voie des Bois est un projet développé par le collectif Des Hommes et Des Arbres et soutenu par le programme Territoires d'Innovation du plan France 2030.

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